La vraie différence entre deux plages de Zanzibar, c'est la marée. Sur la côte est, la mer se retire de plusieurs centaines de mètres deux fois par jour et découvre un immense platier de sable et d'algues, sur lequel on marche très loin avant de trouver de l'eau. Sur la côte nord, protégée autrement par la géographie, on se baigne en permanence, quelle que soit l'heure.
C'est le premier critère de choix d'un hôtel, avant le charme et avant le prix. Un établissement superbe sur une côte découvrante décevra le voyageur venu nager tous les après-midis, tandis qu'une plage qui se retire enchantera celui qui aime marcher sur le platier au soleil couchant, observer les algocultrices et photographier les pirogues posées sur le sable. Ni l'un ni l'autre n'a tort, mais personne ne devrait découvrir la différence en arrivant.
Le nord, se baigner à toute heure
Nungwi, la plus animée
À la pointe nord de l'île, Nungwi est le seul secteur où la marée n'empêche jamais la baignade. La plage est large, l'eau profonde à quelques mètres du bord, et c'est un argument décisif pour beaucoup de voyageurs.
C'est aussi la zone la plus vivante de l'archipel : restaurants les pieds dans le sable, bars, clubs de plongée, boutiques, chantiers de construction de boutres encore en activité au bout du village, et une vie nocturne qui n'existe nulle part ailleurs sur l'île. L'affluence y est la plus forte, et les vendeurs de plage plus présents qu'ailleurs.
C'est le choix évident pour un premier séjour, pour des voyageurs qui veulent pouvoir sortir dîner à pied et alterner baignade, plongée et animation.
Kendwa, la voisine plus calme
À deux kilomètres de Nungwi, Kendwa offre le même avantage de marée avec une plage encore plus large et une ambiance nettement plus posée. L'orientation plein ouest donne des couchers de soleil face à la mer, que l'on regarde depuis la plage sans bouger de sa chaise.
C'est notre recommandation par défaut pour un couple qui veut la tranquillité sans l'isolement : on garde la baignade permanente et la possibilité de rejoindre Nungwi pour un dîner ou une plongée, sans en subir l'agitation. Nos adresses de ce secteur figurent parmi nos hôtels de la côte nord.
Le nord-est, la carte postale
Matemwe
Longue plage de sable blanc bordée de cocotiers, face à l'atoll de Mnemba, Matemwe est la meilleure base de l'île pour la plongée et le masque et tuba : le meilleur récif de l'archipel se rejoint en une vingtaine de minutes de bateau depuis la plage.
La marée y est marquée et le lagon découvre largement, laissant apparaître les carrés d'algues et les pirogues échouées. L'ambiance reste villageoise, avec une vraie vie de pêcheurs à côté des hôtels, et une gamme d'établissements qui va de la petite maison d'hôtes à la villa privée.
Pwani Mchangani et Kiwengwa
C'est le secteur des grands complexes hôteliers, souvent tournés vers la formule tout compris, avec de longues plages et des équipements complets. La marée y joue également, mais les hôtels disposent presque tous de piscines qui prennent le relais.
Ce littoral convient aux familles qui cherchent des services sur place et un confort sans surprise. Nous y sélectionnons les établissements à taille raisonnable plutôt que les plus grands, comme LUX Marijani, situé entre Kiwengwa et Matemwe.
L'est et le sud-est, l'authentique
Paje, la capitale du kitesurf
Paje concentre les écoles de kitesurf de l'archipel, grâce à un lagon plat, peu profond et régulièrement venté. À marée haute, le turquoise y est spectaculaire, sans doute le plus beau de l'île. À marée basse, la plage devient un immense terrain de jeu pour les voiles.
L'ambiance est jeune, décontractée, avec des bars de plage, des adresses végétariennes et une clientèle internationale plus sportive que balnéaire. Ceux qui cherchent le calme absolu regarderont plutôt vers Jambiani ou Michamvi.
Jambiani, notre coup de cœur
Jambiani est un village de pêcheurs étiré sur plusieurs kilomètres le long de la plage, où les cultures d'algues, les pirogues et les maisons se mêlent aux petits hôtels à taille humaine. Il n'y a pas de grand complexe, pas de front de mer artificiel, et le village vit sa vie devant vous.
C'est notre coup de cœur pour voir vivre l'île sans renoncer au confort : on marche le matin sur le platier avec les femmes qui rejoignent leurs lignes d'algues, on dîne le soir dans une adresse tenue par ses propriétaires. La marée y est très marquée, il faut l'accepter.
Michamvi et Pingwe, la pointe sud-est
Plus confidentielle, la presqu'île de Michamvi ferme la côte sud-est. Sa particularité tient à son orientation : sur la face ouest, tournée vers la baie de Chwaka, on assiste au coucher du soleil sur la mer, ce qui n'existe nulle part ailleurs sur cette côte.
Les hébergements y sont plus rares, souvent des villas et de petites propriétés, et les commerces quasiment absents. C'est une zone pour qui cherche l'isolement et accepte de dîner à l'hôtel.
Pongwe, l'exception
Pongwe est une anse fermée par le corail, où l'eau reste présente à toute heure. C'est une rareté sur cette côte, et cela suffit à justifier le détour pour un voyageur qui veut à la fois le calme du littoral est et la possibilité de nager quand il le souhaite. La plage est petite, bordée de cocotiers, et l'atmosphère très paisible.




